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mercredi 26 avril 2017
Oiseaux
L'oiseau du mois d'avril: la Fauvette des jardins

Aujourd’hui, nous allons parler d’un oiseau qui ne mérite pas son nom et qui ne ressemble à rien.

Allez-y. Citez-moi donc un critère de plumage propre à la Fauvette des jardins. Même le Guide ornitho la dit « sans contrastes ni caractéristiques notables ». Décrivons-la donc comme une Fauvette à tête noire qui aurait perdu son béret, avec toutefois une dominante plus brun-olive que grise. Un vague sourcil plus gris, les côtés du cou idem, et c’est tout.

Fauvette des jardins – photo P.-L. Lebondidier (Faune-Rhône)

C’est au chant, de toute façon, qu’on « verra l’invisible ». Car la Fauvette des jardins ne quitte guère l’abri des buissons. Un beau chant de Fauvette, sonore, et souvent en phrases longues. Assez proche de celui de la Fauvette à tête noire, il s’en distingue par de fréquents motifs flûtés plus rauques et plus profonds : un timbre de Merle noir en somme. Comme si, par rapport à la Fauvette à tête noire, un chant du même genre était émis par un oiseau un peu plus gros, doté de plus de coffre, alors qu’il n’en est rien (leurs tailles sont identiques).

Toutefois, ces motifs ne sont pas toujours présents et surtout d’un peu loin ou avec un brin de vent, le chant de la Fauvette des jardins ne sera pas toujours si facile à identifier, surtout qu’il y aura toujours dans le quartier une volée de Fauvettes à tête noire pour couvrir tout ou partie de son chant, voire s’amuser à l’imiter.

Est-ce cette double difficulté, sonore et visuelle, qui explique que la Fauvette des jardins, oiseau en théorie banal, soit fort peu contactée dans le Rhône ? Est-ce parce qu’elle n’est ni belle ni brillante pour attirer nos regards, que son extérieur n’a rien pour plaire, qu’elle est ainsi méprisée, abandonnée de tous, comptée pour rien ?

En tout cas, malgré des données sur presque tout le territoire, elle n’émarge qu’au 152e rang des espèces les plus notées sur Faune-Rhône, avec moins de cinquante mentions par an en moyenne ! Pire que le Bec-croisé ou l’Engoulevent ! Un comble pour une espèce dont l’effectif national dépasse tout de même les 500 000 couples et qui niche dans les trois quarts du pays.

Avant d’aller à la recherche de cette réprouvée, de cette « plante chétive », notons tout de même qu’en France, justement, elle se porte mal. « En fort déclin » depuis 2001, elle a quasi disparu, en vingt ans, de larges pans du Sud-Ouest, c’est-à-dire des parties non montagneuses de l’Ovalie (de Bordeaux à Castres), et bien reculé vers le nord en vallée du Rhône. C’est un premier indice : le réchauffement en cours pourrait bien être en cause. C’est l’hypothèse formulée dans l’Atlas Midi-Pyrénées qui constate que la Fauvette des jardins est pratiquement devenue, dans cette région, une espèce montagnarde. Ledit réchauffement favoriserait la Fauvette à tête noire, qui occupe aussi les biotopes de sa cousine, mais se paie désormais le luxe d’hiverner, tandis que la Fauvette des jardins, transsaharienne, doit affronter le voyage et les sécheresses du Sahel. Plutôt tardive, « la Jardins » n’arrive pas avant mi-avril, hors quelques éclaireurs. Ceux-ci se manifestent autour du 10 avril. Cette date tend à reculer – un phénomène classique – avec une volée récente de données de fin mars, certaines, très précoces, à confirmer toutefois. La Fauvette des jardins n’en reste pas moins l’un de nos migrateurs les plus tardifs, ce qui ne la favorise pas face à ses concurrents – autres fauvettes en tous genres – sédentaires ou plus précoces.

C’est d’ailleurs en tant que possible témoin de l’impact du dérèglement climatique que la Fauvette des jardins est particulièrement à rechercher.

Numéro du jour de première mention de la Fauvette des jardins

(Le 1er avril est donc le jour n°90)

Où trouver la Fauvette des jardins dans le Rhône ? Partout mais pas n’importe où, et bien entendu, surtout pas dans les jardins (d’où l’incipit). C’est une espèce des buissons, c’est entendu, mais plutôt des « frais bocages », comme les papillons de Brassens, des haies plutôt hautes, des friches plus denses et âgées que la Fauvette grisette. Elle hante les clairières, les lisières, voire de très jeunes taillis. Tout cela nous donne une répartition large mais éclatée : des données en ripisylve près du Rhône et de la Saône d’une part, et d’autres sur les hauts plateaux, mais surtout dans le nord-ouest boisé, frais et arrosé. Trois secteurs sont véritablement vides : la plaine de l’est lyonnais et un large rectangle nord-sud correspondant au Beaujolais viticole, qui contraste avec de belles densités sur le versant ouest, plus offert aux pluies atlantiques. L’alcool non, les jolies collines pluvieuses, oui !

Le Plateau mornantais, bien qu’intensément prospecté, est le troisième secteur « blanc », pour les mêmes raisons : les milieux y sont bien trop ouverts.

Fait curieux, mais significatif, les données « sans code atlas », qui sont d’ailleurs très peu nombreuses, proviennent presque toutes de secteurs où, par ailleurs, sont aussi recueillies des données « à code ». Seule exception, un petit chapelet d’obs’ dans l’ouest de l’agglomération lyonnaise.

Pourtant, la Fauvette des jardins passe bel et bien un peu partout, en migration, comme le montre cet oiseau photographié près de Loyasse, sonné par un choc avec un parasol. Mais il semble qu’elle s’y montre silencieuse, et que contrairement au Pouillot fitis qui, en migration prénuptiale chante absolument partout, la Fauvette des jardins ne daigne pousser la chansonnette que là où un cantonnement est imaginable. Des observations comme ce chanteur dans un parc privé boisé à Oullins en mai 2014 restent anecdotiques. D’où la surabondance de données à code 3.

 

Pour en savoir plus et trier le nicheur du migrant, il s’agira donc de creuser l’affaire.

L’altitude moyenne des données est de 475 mètres, mais c’est un trompe-l’œil : cette classe est au contraire l’une des plus pauvres en données.

Répartition altitudinale des données de Fauvette des jardins « à code atlas »

La carte vous explique aisément le pourquoi de ces deux paquets : à ma gauche, ceci sans arrière-pensée politique, les données en ripisyvle ; à droite, les observations dans la moitié ouest montueuse du département, bien souvent en lisière ou coupe forestière. Peut-être les bords boisés des ruisseaux, en fond de vallon, attirent-ils d’autres individus, mais ils sont peu prospectés. En tout cas, pour une espèce « du bocage », la Fauvette des jardins fuit les plateaux cultivés à basse altitude et les landes écrasées de soleil, qu’elle laisse à la Fauvette grisette, ce qui limite sérieusement les secteurs favorables.

En Auvergne, ce sont les tranches d’altitude les plus hautes, au-dessus de mille mètres, qui sont les plus occupées. A basse altitude, par exemple, elle est bien présente dans les bocages du Bourbonnais, mais en densité quatre fois moindre que la Grisette.

Impossible en revanche de vous proposer une chronologie de sa reproduction dans le Rhône. Les chants commencent mi-avril et se prolongent jusqu’en juillet, voilà tout ce que la base nous dit ! Nous n’avons en tout et pour tout que huit données de codes atlas supérieurs à 5. Autrement dit, à part l’observation persistante d’oiseaux chanteurs, pratiquement personne n’a réussi à observer, dans le Rhône, de comportements nicheurs sans équivoque chez cette espèce. C’est dire sa discrétion.

Sur le plan de la tendance, rien de net ne se dessine sur une contraction de l’aire géographique à l’échelle du département du Rhône, d’autant que la pression d’observation dans le nord Beaujolais reste variable et limitée. Sur le plan de l’abondance, en revanche, ce n’est pas joyeux.

Il est vrai que plus l’espèce est rare, moins l’observateur « anticipe » sa présence et pourra la « démêler » de la pelote des chants de fauvettes d’une coupe forestière. Et la Fauvette des jardins n’est pas toujours facile à distinguer, seule au milieu de trois « Tête noire », deux Grisettes et une paire « d’Hypopos »… Tendre particulièrement l’oreille dans les zones favorables augmenterait peut-être le nombre d’observations. A ce niveau de chute, toutefois, il faut prendre en compte l’hypothèse que cette espèce se clairsème réellement dans le Rhône avant de l’évacuer carrément vers le nord, ce qui serait cohérent avec les tendances nationales.

A l’heure où j’écris ces lignes, nous n’avons que sept malheureuses données de Fauvette des jardins en 2017. Classique à cette date : c’est l’heure d’aller la chercher. Les longs week-ends de mai, par exemple, pourquoi n’iriez-vous pas un peu en pays d’Amplepuis ? C’est une « zone blanche » pour cette espèce et pour les autres, et pas mal de découvertes sont espérées… Milan royal… Busards… Je serais vous, je risquerais le tout pour le tout et j’oserais franchir le col du Pilon, tiens.

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